Et Royal évoque une candidature en 2012… en dehors du PS

Publié le par DA Estérel 83

© Rue 89

La déclaration est passée pratiquement inaperçue, reléguée au second plan de l'actualité socialiste, derrière les polémiques sur Georges Frêche et Ali Soumaré.Ségolène Royal évoque pourtant dans Le Monde Magazine daté de samedi une éventuelle candidature en 2012 en dehors du Parti socialiste :

« Je ne me laisserai pas marcher dessus, prévient-elle après un instant de réflexion. Si les primaires ne sont pas correctes, s'il y a de la triche, je reprendrai ma liberté. Il pourrait y avoir des recompositions… »

 

C'est le scénario du pire que craint le Parti socialiste autant que l'espère la majorité présidentielle ; l'aboutissement d'un processus d'émancipation du PS entamé dès avant la présidentielle de 2007 avec la création de Désirs d'avenir et cristallisé depuis sa défaite à l'élection au poste de premier secrétaire fin 2008.

Devancée par Aubry et Strauss-Kahn au PS pour 2012

Une défaite qu'elle n'a toujours pas digérée, convaincue que la direction actuelle (coalition des courants de Martine Aubry, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, Benoît Hamon et Dominique Strauss-Kahn) a triché pour gagner, tel que le rapporte le livre « Hold-ups, arnaques et trahisons » (éd. du Moment, 2009).

Ségolène Royal (11%) se retrouve désormais largement devancée par Martine Aubry (27%) et Dominique Strauss-Kahn (25%) parmi les personnalités que les sympathisants socialistes souhaiteraient voir désignées comme candidat de leur parti, selon un sondage Ifop publié par le JDD le 30 janvier.

Sans compter que nombre de soutiens l'ont abandonnée, à l'image de Manuel Valls ou Vincent Peillon. Autant dire que les primaires prévues courant 2011 paraissent mal engagées pour la présidente de Poitou-Charentes.

Avec des MoDem, des Verts et des CGTistes aux régionales

Cette déclaration sonne donc comme une anticipation : elle sera candidate en 2012 quoi qu'il advienne. Et pour savoir avec quelles forces derrière elle, il suffit d'observer la composition de sa liste aux élections régionales de mars prochain.

Ségolène Royal n'a pas hésité à se mettre à dos une partie des socialistes locaux pour parvenir à ouvrir sa liste à des membres du MoDem, des élus Verts et même deux syndicalistes de la CGT.

Mais c'est une ouverture qui paye puisque, selon un sondage Opinion Way dans Le Figaro du 15 février, elle distancerait largement au second tour son adversaire UMP, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, avec 58% des suffrages.

Cela fait longtemps qu'elle considère la région Poitou-Charentes comme un laboratoire pour ses ambitions nationales. On ne devrait pas tarder à le vérifier.

Publié dans Elections

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article