Estrosi promeut l'Association des amis de Nicolas Sarkozy aux frais de l'Assemblée

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

Christian Estrosi se démène pour« garder Nicolas Sarkozy au-dessus de la mêlée ». Convaincu que l’ancien président peut encore être « un recours » aux déchirements de l’UMP, le député et maire de Nice s’emploie à promouvoir le bilan de son mentor au travers del’Association des amis de Nicolas Sarkozy, dont il est secrétaire général.

Réunion de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy © BFM-TVRéunion de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy © BFM-TV

En attendant les premières « rencontres » de l’association, qui se tiendront – naturellement – à Nice, les 24 et 25 août, l’ancien ministre de l'industrie a profité de sa réélection au Palais Bourbon pour faire un petit peu de promotion. Il y a quelques jours, les électeurs de sa 5e circonscription des Alpes-Maritimes ont en effet découvert dans leur boîte aux lettres un courrier dans lequel l’élu les remercie « très sincèrement » de lui avoir « renouvelé leur confiance ».

Dans cette lettre révélée par un abonné de Mediapart, Christian Estrosi évoque pêle-mêle ses fonctions de député, de maire de Nice et de président de la Métropole Nice Côte d’Azur, sans opérer aucune distinction. Mais surtout, ce plus fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy a profité de l’occasion pour glisser dans l’enveloppe un petit bulletin à retourner à l’adresse de la permanence UMP de Nice, afin d’être « informé(e) (des) activités » de l’association ou de « recevoir le bulletin d’adhésion ».

Affranchie aux frais de l’Assemblée, comme en témoigne l’enveloppe ci-dessous, la lettre du député et maire de Nice a été préparée par ses équipes niçoises. « Je ne l’ai même pas eue entre les mains, assure l’un de ses collaborateurs parlementaires. Le courrier a été préparé à Nice, puis envoyé à l’Assemblée pour expédition. »

 

 

Du côté du bureau de poste du Palais Bourbon, nul ne peut indiquer à Mediapart combien d’exemplaires de cette lettre ont été envoyés.La 5e circonscription des Alpes-Maritimes comptant 85 420 inscrits, il y a de fortes chances que le nombre de destinataires corresponde à ce chiffre. À 0,38 euros l’affranchissement, le coût total de l’opération pourrait donc s’élever à plus 32 000 euros.

« Zéro centime de ressources »

Contacté par Mediapart, Christian Estrosi n’a pas souhaité réagir. Quant au président de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, il nous indique ne pas être au courant de cette initiative qu’il juge « bonne » : « Je trouve ça très bien qu’il fasse de la publicité pour l’association », dit-il avant d’opérer une étrange pirouette pour justifier l’envoi du courrier aux frais de l’Assemblée : « S’il est secrétaire général de cette association, c’est en grande partie parce qu’il est député, dont c’est lié à son mandat. »

© Reuters© Reuters

L’ancien ministre de l’intérieur le sait ou devrait le savoir : seules « les correspondances de nature parlementaire, c’est-à-dire écrites par un député pour l’accomplissement de son mandat législatif, sont affranchies aux frais de l’Assemblée nationale », comme l’explique le site du Palais Bourbon« En revanche, les correspondances d’ordre privé ainsi que les correspondances présentant un caractère général ou collectif (invitations, faire-part, cartes de visites, imprimés, tracts, appels à des souscriptions, journaux) ne bénéficient pas de cet affranchissement », souligne la consigne.

Le courrier de Christian Estrosi répond clairement au deuxième cas de figure. L’Association des amis de Nicolas Sarkozy a-t-elle remboursé cet envoi ? Brice Hortefeux n’en sait rien, mais précise que « de toute manière, l’association a aujourd’hui zéro centime de ressources ».

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Début 2011, la correspondance des parlementaires avait déjà fait l’objet d’une guerre intestine dans les couloirs de l'Assemblée. Le socialiste Hervé Féron avait en effet accusé ses collègues UMP, Valérie Rosso-Debord et Laurent Hénart, d'avoir abusé de la poste du Palais, à l'occasion des vœux de fin d'année, pour arroser « en très grand nombre » leur future circonscription, à coups de courriers relevant du tract électoral.

Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, avait balayé l’accusation en écrivant à Féron « que le principe du secret et de l'inviolabilité des correspondances interdit tout contrôle (du)contenu » des courriers. « Les correspondances des députés bénéficient traditionnellement de l’affranchissement parlementaire lorsqu’elles ont un lien avec l’accomplissement du mandat législatif, et, pour les envois en nombre, lorsqu’elles sont adressées à des élus locaux ou à des membres de catégories professionnelles ou encore lorsqu’il s’agit de vœux de fin d’année », avait-il également indiqué.

Publié dans SARKOZY

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