Enregistrements de Merah : les familles des victimes "scandalisées"

Publié le par DA Estérel 83

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Le ministère de l'intérieur a annoncé que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", va mener une enquête administrative.

Les proches des victimes de Mohamed Merah"scandalisés", vont saisir la justiceen urgence pour obtenir l'interdiction de toute diffusion des enregistrements des conversations entre le tueur au scooter et la police, ont annoncé deux de leurs avocats. "Les victimes sont scandalisées d'apprendre le contenu de ces négociations à la télévision. A ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la Toile, et l'atteinte sera alors irrémédiable", a dit Me Samia Maktouf après la diffusion pour la première fois par TF1 des extraits audio des dialogues de Merah avec la police lors du siège de son appartement les 21 et 22 mars.

Dans ces extraits diffusés par l'émission de TF1 "Sept à huit"le forcené affirme être prêt à poursuivre ses meurtres, assure être en lien avec Al-Qaida et le grand banditisme, et explique comment il a trompé la vigilance de la DCRI, qui le surveillait. TF1 assure détenir l'enregistrement de pas moins de quatre heures et demie de négociations entre la police et le tueur, abattu le 22 mars par une unité d'intervention.



LA "POLICE DES POLICES" VA MENER L'ENQUÊTE

"Nous allons demander au parquet, conjointement avec les autres parties civiles, d'enclencher une procédure d'urgence pour bloquer la diffusion de ces enregistrements, par tout moyen et sur tout support", a dit Me Béatrice Dubreuil, son associée. "Les juges avaient assuré aux familles que ces enregistrements seraient placés sous scellés et qu'un dispositif d'alerte serait mis en place. C'était un point extrêmement important pour elles", a-t-elle ajouté. "On attend que la justice tienne promesse et que cette diffusion soit bloquée", a-t-elle encore dit.

"Les familles des victimes ont l'impression que la justice ne va pas assez vite et, en même temps, prennent connaissance du déroulement de l'instruction par la télévision. Il s'agit d'une atteinte grave et manifeste au secret de l'instruction", a ajouté de son côté Me Maktouf.

Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, avait par ailleurs regretté la diffusion de ces enregistrements "au moment même où la justice est saisie""Aucune précaution n'a été prise pour respecter les familles des victimes. Il convient donc de s'interroger sur les moyens par lesquels le diffuseur a pu se procurer ledit enregistrement", dit-il. Dans la soirée, le ministère a annoncé que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", va mener uneenquête administrative.

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