De DSK à Hollande : la tromperie du candidat providentiel

Publié le par DA Estérel 83

LePost

 

 

C'est Jean-Jacques Bourdin qui sur BFM / RMC dès Vendredi pointait « François Hollande est en tête de tous les sondages, il a remplacé Dominique Strauss-Kahn ».

Et Ségolène Royal de lui répondre « vous conviendrez qu'il est assez étrange que les médias et les instituts de sondage n'aient pas tiré les enseignements de ce qui vient de se passer » [avec l'affaire DSK]. Est-il judicieux de passer d'un candidat providentiel à un autre ? ». « Freud dirait que c'est de la compulsion de répétition » ajoutait-elle. 

Depuis vendredi la compulsion de répétition est allé en s'aggravant. De nouveaux sondages et une presse à sens unique, quasiment unanime pour poser comme un fait établi que la campagne des primaires se déroulera sous la forme d'un duel entre François Hollande et Martine Aubry. 

Inutile le débat. Inutile la démocratie. Inutile le respect des citoyens, de leur besoin de savoir comment la politique peut résoudre les graves problèmes auxquels ils sont confrontés quotidiennement. Et on aboutit ainsi à cette hallucinante interview de François Hollande sur France Inter où le candidat providentiel tient 10 minutes sans faire, jamais, aucune proposition concrète, sans s'adresser aux Français. Lorsqu'il en fait François Hollande reste dans le centrisme mou sans risque ni réponse vraiment utile.

Il suffit de demander à des amis ou dans la rue quelles sont les propositions de François Hollande pour constater que personne ne les connait exactement et cela n'est pas faute d'exposition médiatique. C'est aussi un choix assumé et particulièrement dangereux pour la gauche et la démocratie.


Assumé ? Oui. Selon le mot du Cardinal de Retz, « on ne sort de l'ambigüité qu'à son détriment ». Et François Hollande sait parfaitement qu'en avançant des propositions fortes, audibles et faisant campagne sur ses idées, il finirait par sortir de l'ambigüité et par s'aliéner cet électorat de droite ou bien celui de la gauche qui réunit aujourd'hui par le miracle des sondages peut donner l'illusion d'une candidature providentielle. C'est dire la tromperie. Une tromperie qui va jusqu'à l'apparence. Qui reconnait François Hollande ? Voilà une transformation d'image que n'aurait pas renié Ramzi Khiroun et la bande des conseillers publicitaires de DSK. Un François Hollande amaigri et qui censure son humour ravageur au point d'être méconnaissable.

Est-ce cela la vérité et le respect démocratique que l'on doit aux citoyens ? Non bien sûr. Et de cet irrespect, de cette tromperie nait le danger pour le pays et la démocratie. 

Il y a  effectivement danger dans cette nouvelle fuite en avant vers un nouvel homme providentiel. On l'a vu avec l'éclatement de la bulle DSK. Il y a aussi danger à ne pas répondre concrètement aux attentes populaires comme on l'a vu en 2002. Et Arnaud Montebourg de rappeler aujourd'hui dans Libération que justement « Hollande et Aubry nous ont fait perdre en 2002 » en ne répondant à ces attentes.

600 personnes autour de Ségolène Royal à Toulouse
600 personnes autour de Ségolène Royal à Toulouse ce dimanche - © Razak


Et le peuple de gauche ne s'y trompe pas. Comme à Paris où Ségolène Royal a réunit plus de 800 personnes pour une université sur les leçons de la victoire de François Mitterrand, dimanche Ségolène Royal rassemblait plus de 650 personnes à Toulouse sur le thème de la vie chère, à la surprise même des organisateurs comme l'a remarqué l'envoyé spécial du Monde. Une vague bien réelle de gens jeunes et plus âgés pas forcément tous acquis à la candidate aux primaires mais qui sont venus écoutés très attentivement ce qu'elle avait à dire. Une écoute réciproque puisque plus tôt dans l'après-midi Ségolène Royal s'était rendue dans les quartiers populaires de Toulouse à l'écoute des familles, des difficultés à se nourrir et à se chauffer que lui ont dit habitants et responsables associatifs. Ayant assisté avec plusieurs journalistes à cette rencontre, j'ai pu constater comme ces échanges et ces rencontres ont pu nourrir le discours assuré et ferme de Ségolène Royal lors du rassemblement qui a suivi.

La surprise était totale aussi chez les élus de Toulouse et la fédération socialiste qui n'avait jamais vu autant de monde, ni autant d'affiches et d'énergie militante déployée, même pour le déplacement de Martine Aubry dans la ville quelques jours plutôt.

Il y a une volonté chez Ségolène Royal qui correspond aux attentes populaires, à ce qu'est la France d'aujourd'hui meurtrie dans ces campagnes comme dans ses villes. 
Aux primaires, la surprise viendra de là.  

600 personnes autour de Ségolène Royal à Toulouse
600 personnes autour de Ségolène Royal à Toulouse ce dimanche - © Razak


Publié dans S.ROYAL

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