Crise cherche bouc émissaire

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Si l'on peut douter de l'efficacité et de la justesse des mesures proposées par Hollande, on ne peut tout de même pas faire de la gauche le bouc émissaire des maux de la planète financière.

 

Salauds de pauvres! Il arrive qu'ils votent à gauche - pas rouge vif, juste social-démocrate -, et que le gouvernement élu envisage de tenir quelques promesses. Ce qui plonge dans de douloureux abîmes les penseurs de l'économie dominante, en l'occurrence les tenants du capitalisme libéral le moins réglementé possible. Ainsi apprend-on dans le supplément économique du Figaro daté d'hier qu'un certain nombre de grands groupes du CAC 40 ont déjà commencé à délocaliser leurs cadres supérieurs et qu'ils éprouvent des difficultés à en recruter de nouveaux sur le territoire national. La cause? 

L'engagement de François Hollande de taxer à 75% la partie de leur salaire qui dépassera le million d'euros annuel. Leur épouvante a encore monté d'un cran hier. Bruno Le Roux, député, président du groupe socialiste à l'Assemblée, a ressorti des cartons un autre engagement de campagne pris en février dernier par le candidat Hollande devant les ouvriers des aciéries Arcelor-Mittal à Gandrange. L'Assemblée pourrait examiner, et voter, une loi qui interdirait le démantèlement d'un site industriel fermé par son actionnaire dès lors qu'il y aurait un repreneur potentiel.

L'horreur de ces perspectives aurait quelque crédit si, déjà mises en oeuvre, elles étaient comptables de la nouvelle dégringolade qui a affecté les bourses européennes hier. Or, si l'on peut douter de l'efficacité et de la justesse des mesures proposées par Hollande, on ne peut tout de même pas faire de la gauche le bouc émissaire des maux de la planète financière. L'économie espagnole continue de perdre pied. À la bourse de Paris, ce sont les valeurs bancaires qui étaient hier en forte baisse. 

Les deux étant liées: les secondes sont concernées par un risque de défaut de paiement de la première... à laquelle elles ont inconsidérément prêté. Mario Draghi, le président de la BCE, a beau aller répéter urbi et orbi que l'euro n'est pas en danger, les «sujets» de la zone euro sont, eux, confrontés à des difficultés croissantes.

Si l'économie est bien une science, elle doit répondre à des règles et à des protocoles. Au lieu de quoi, chaque mois révèle, de Londres à New York, les tricheries au plus haut niveau comme à la Barclays ou JP Morgan. Telle la médecine de Molière, l'économie semble aux mains de Diafoirus qui cachent turpitudes et fuites en avant derrière des mécanismes complexes et qui assènent, avec assurance, des incantations qui vaudraient Bible. 

Propos péremptoire et excessif? Peter Doyle, économiste dûment reconnu et diplômé, vient de quitter le FMI avec fracas, dénonçant l'incompétence du fonds dans la crise financière mondiale et particulièrement dans la zone euro. Le ver est dans le fruit.

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