Communication : quand les patrons copient Hollande

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

Le discours du "président normal" semble avoir déteint sur celui des grands patrons français lorsqu'ils s'adressent à leurs actionnaires.

Laurence Parisot et François Hollande.

"Je suis comme vous" (Martin Bouygues). "Je vous comprends" (Jean-Dominique Senard, Michelin). "Il faut apporter le changement par des idées nouvelles, maintenant" (Benoît Potier, Air Liquide)... Le discours du "président normal" semble avoir déteint sur celui de patrons du CAC 40 lorsqu'ils s'adressent à leurs actionnaires. C'est le constat d'une étude de Bénédicte Hautefort (EuroRSCG) qui a décortiqué les phrases et la gestuelle des P-DG lors des assemblées générales du printemps. Et qui classe les patrons en cinq grandes familles : "les confiants" (ceux qui ont adopté un discours d'après crise), les "optimistes", les "combatifs", les résilients et les "pédagogues". 

L'étude souligne ainsi que les patrons sont plus pédagogues que les années précédentes. Ils mettent aussi "le changement" en avant (56 % des discours patronaux) plutôt que la "rentabilité", "l'innovation" (22 % des discours) ou le "développement durable". Dans cette étude, Nourdine Cherkaoui (Havas Coaching) décortique aussi la gestuelle des patrons. Avec ses postures, Frédéric Oudéa (SocGen) tente de prouver sa détermination à convaincre, Antoine Frérot(Veolia) de montrer concrètement les innovations du groupe qu'il dirige. Quant à Stéphane Richard (Orange), il reste dans le registre de l'affect (la page n'a pas été tournée après l'affaire des suicides). Géraldine Cayzac, spécialiste de l'analyse sémantique note, elle, que les patrons valorisent leurs "équipes" en général, mais pas les cadres et leurs collaborateurs directs. Et quand ils rendent hommage à certains collaborateurs de leur groupe, ils mettent en avant les responsables de l'innovation et de la recherche.

Euphémismes

Certaines des observations de l'étude ne manquent pas de sel. Seuls 11 % des patrons évoquent ouvertement la crise économique et financière (ce sont principalement les banquiers). Les autres préfèrent en parler par euphémisme en désignant un "contexte difficile" ou une "année dense, intense, contrastée". La plupart d'entre eux accordent une place essentielle à l'international pour justifier leur stratégie et préfèrent éviter les sujets "France". 

L'étude souligne ainsi que les managers évitent le sujet des rémunérations (ils confient le soin de le faire à leurs administrateurs), de la compétitivité ou de la production industrielle en France. Explication de Bénédicte Hautefort : "Un frein retient les patrons de se projeter vers l'avenir. Ils n'osent plus parler, ni montrer des perspectives. Chacun, s'il parle seul, court le risque d'être inaudible à cause des excès de quelques-uns. S'ils sont individuellement mis en accusation par l'opinion publique, c'est qu'aucune position collective du patronat n'a encore été prise sur ces controverses qui ont choqué." Aucun patron n'évoque ainsi les projets de François Hollande et de son gouvernement concernant l'imposition à 75 % des rémunérations supérieures à un million d'euros d'annuel qui concerne beaucoup d'entre eux... Les patrons copient le style Hollande, "l'homme normal". Mais dans certaines limites...

Publié dans Economie

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viviane 19/07/2012 15:19

salut camarade ! j'ai lu ton article "nouveau" reflet" et je t'en félicite ! je suis ok pour accorder du temps à Hollande, mais je ne crois pas que le prochain congrès s'annonce sous d'autres
hospices que celles de la piste de motions censurées ou du moins de motions qui ne seront même pas lues ! seule comptera celle déposée et c'est un fait nouveau par le premier ministre et la
première secretaire !!!!