Bruits de bottes au Sahel

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Après l'Afghanistan, le Sahel sera-t-il le théâtre de la guerre au terrorisme? Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius rentre d'une tournée en Afrique Subsaharienne pour préparer une intervention militaire contre la mainmise par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) sur une partie du nord-malien deux fois grande comme la France. À Paris, à Washington, mais aussi dans les capitales africaines de la région, l'issue armée est désormais jugée inéluctable, même si sa mise en oeuvre juridique, politique et militaire nécessite encore des réglages.

Avant de déposer cette semaine une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU ouvrant la voie à une intervention armée, la Communauté des pays de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) veut s'assurer du retour à un minimum de stabilité politique au Mali.

Par ailleurs chacun mesure que ni l'armée malienne, ni celles de la Cedeao n'ont les moyens d'évincer durablement les islamistes de leur zone d'influence débordant considérablement de ses bastions actuels de Tombouctou et Gao. Déjà présents «sur zone» avec des «conseillers» militaires, La France et les États-Unis sont prêts à renforcer une force africaine en armements et soutiens logistiques, notamment aériens. Et s'il n'est pas question de l'envoi officiel de soldats français sur le terrain, le recours aux «forces spéciales» n'est pas exclu notamment en raison de la détention dans la région des six otages français enlevés par AQMI au Mali et au Niger.

Une intervention militaire au Mali dans un délai rapproché apparaît d'autant plus plausible que les responsables occidentaux sonnent désormais le tocsin contre l'émergence d'un «Sahelistan», selon l'expression de Laurent Fabius, menaçant toute la région et au-delà. «Pas question de laisser Al-Qaïda prendre position dans une région non gouvernée et d'y disposer d'un sanctuaire en toute impunité», a ainsi récemment prévenu un responsable américain alors que jusque-là l'administration Obama, réticente à l'ouverture de tout nouveau front militaire extérieur, privilégiait une solution africaine.

La France et la Grande-Bretagne, qui serait associée à une intervention, ont aussi longuement hésité face aux risques évidents de représailles et même d'attentats sur leurs territoires promis par avance par AQMI, voire d'enlisement dans une vaste zone désertique aussi difficile à contrôler que les vallées afghanes.

Mais une évidence s'impose: AQMI renforce sans cesse sa force de frappe grâce aux dizaines de millions d'euros récupérés contre des libérations d'otages, et un recrutement massif de jeunes sahéliens et de mercenaires. Et chaque jour qui passe augmente ses capacités de nuisance.

Publié dans Etranger

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