Borloo débarque Leonetti, toujours UMP, de la tête du Parti radical

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-2012

 

 

Le député des Alpes-Maritimes, resté à l’UMP malgré le choix d’autonomie fait par le Parti radical, a été prié par Jean-Louis Borloo de démissionner de la vice-présidence du mouvement valoisien.


CHESNOT/SIPA
CHESNOT/SIPA
Un temps pressenti pour succéder à Jean-Louis Borloo à la présidence du Parti radical (PR), Jean Leonetti se retrouve aujourd’hui invité à « remettre ses mandats spontanément », selon la délicieuse expression d’un proche du leader valoisien. 
 
Vice-président du PR, l’ancien ministre des Affaires européennes avait déjà irrité ses collègues radicaux en choisissant de rester à l’UMP et en exprimant sans cesse ses réserves sur la stratégie d’autonomisation adoptée par Borloo. Pour tenter d’empêcher la fuite des centristes de l’UMP et contrebalancer le poids de la bruyante et médiatique Droite populaire, il avait également lancé son courant, « les Humanistes de l’UMP », sans grand succès. 
 
Mais c’est durant la campagne des législatives que le député des Alpes-maritimes est apparu comme un traître à la cause radicale. En soutenant les candidats UMP face aux candidats radicaux, le maire d’Antibes a déclenché une bronca au sein du mouvement de la Place de Valois. Manuel Aeschlimann, candidat UMP dans les Hauts-de-Seine face à la radicale Rama Yade, s’est ainsi vu adresser un chaleureux courrier signé Leonetti qu’il a immédiatement pris soin d’exhiber sur son blog. Impardonnable !
 
Aussitôt le scrutin passé, loin de calmer le jeu, Jean Leonetti a accordé une interview auFigaro pour marteler : « Les radicaux doivent rester à l’UMP. » De quoi s’attirer les foudres des présidents de fédération radicales attachés à leur indépendance retrouvée. 
 
Réunis en bureau politique jeudi 21 juin, les cadres valoisiens ont donc réclamé à cor et à cri l’éviction de Leonetti de la vice-présidence. Jean-Louis Borloo, courageux mais pas téméraire,« soucieux de faire un truc clean », dixit l’un de ses collaborateurs, a préféré proposer à Leonetti de « suspendre lui-même ses fonctions »
 
« On a eu une discussion et Jean-Louis m’a dit que mon expression était libre mais que le fait de m’exprimer en tant que vice-président du PR posait problème », raconte Leonetti. Le député s’atèle depuis à la rédaction d’une lettre dans laquelle « [il] annonce la remise de [son] mandat et explique [son] attitude générale ». « J’ai strictement fait ce que l’accord UMP/PR prévoyait : soutenir les candidats radicaux sortants et soutenir les candidats UMP sortants,se défend l’accusé. Ce qui a abouti à ce que Manuel Aeschlimann ait reçu une lettre et que Rama Yade s’en soit offusquée. »
 
Si Leonetti accepte de quitter la vice-présidence sans broncher, il espère en revanche rester membre du Parti radical. « Ils songent à exclure les sept députés radicaux restés à l’UMP, moi je ne le souhaite pas, lâche l’ancien ministre. Nous avons des stratégies divergentes mais des objectifs communs. » Transformer le centre en centre-droit définitivement ?

Publié dans UMP

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