Bernard Thibault félicite le gouvernement pour sa recherche du dialogue social

Publié le par DA Estérel 83

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Le message que M. Thibault a voulu faire passer est clair : la CGT ne se livrera à aucune surenchère.

 

Bernard Thibault a affiché un état d'esprit constructif en présentant à la presse, jeudi 5 juillet, les propositions que la CGT défendra à la conférence sociale des 9 et 10 juillet. D'emblée, le secrétaire général de la CGT, qui a confirmé qu'il quittera ses fonctions en mars 2013, s'est félicité de la "posture plus volontariste du gouvernement en matière de dialogue social". Il l'a invité à prendre en compte les attentes des salariés "pour de réels changements de politique économique et sociale".


"CRÉER UN MILLION D'EMPLOIS À L'HORIZON 2017"

Mais le message que M. Thibault a voulu faire passer, alors que sa centrale n'arrive pas à sortir de sa crise de direction pour sa succession, est clair : la CGT ne se livrera à aucune surenchère. Le 3 juillet, elle s'était abstenue de voir dans le discours de Jean-Marc Ayrault l'annonce d'une politique de rigueur, craignant seulement que la recherche de l'équilibre budgétaire "ne pèse sur les objectifs affichés dans de nombreux domaines". Jeudi, M. Thibault a pressé le gouvernement de faire preuve de volontarisme "pour changer en positif le quotidien des salariés".


Au diapason de la Confédération européenne des syndicats (CES), M. Thibault a critiqué le sommet européen des 28 et 29 juin et a porté "une appréciation très négative" sur le pacte budgétaire. Mais il n'a pas fait sienne la demande de référendum du Front de gauche.

M. Thibault s'est employé à présenter le cahier de revendications de la CGT pour la conférence sociale, notant qu'il jugera de sa "réussite en fonction du degré de prise en compte de nos propositions". La CGT préconise de "fixer l'objectif de créer un million d'emplois à l'horizon 2017, ce qui contribuerait au plein-emploi, car un emploi industriel génère quatre emplois induits dans le reste de l'économie". M. Thibault a fait de "la remise à plat totale du système d'exonération de cotisations sociales – qui s'élève à 172 milliards d'euros, soit près de quatre fois l'impôt que versent les sociétés – une urgente nécessité".

 


NOUVELLE DÉFINITION DU LICENCIEMENT ÉCONOMIQUE

Si "le changement politique n'a pas changé le quotidien des salariés", M. Thibault s'en est pris à Laurence Parisot, présidente du Medef, qui "a du mal à interpréter le sens du vote des citoyens""La plupart des revendications du patronat ont été satisfaites pendant cinq ans, a-t-il noté. Il serait temps que les revendications des salariés soient à l'ordre du jour."

Prenant le contre-pied du Medef sur le coût du travail, qui "est inférieur à la moyenne européenne", M. Thibault estime que "les exigences de rentabilité financière sont la première cause de la désindustrialisation". Il a réclamé l'octroi de"droits suspensifs aux salariés sur les choix stratégiques" des entreprises, une nouvelle définition du licenciement économique, une "remise à plat du dispositif de rupture conventionnelle" ou encore des "sanctions" pour les entreprises qui ne respectent pas la loi sur l'égalité salariale femmes-hommes ou les branches qui"pratiquent des minimums inférieurs au smic".

M. Thibault a aussi plaidé pour un renforcement des moyens de l'inspection du travail, pour "lutter contre le travail illégal", et de l'administration des finances pourtraquer la fraude fiscale.

Michel Noblecourt

Publié dans Social

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