Berlusconi poussé vers la sortie

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Dimanche, Silvio Berlusconi s'est offert une balade en mer pour bien montrer qu'il n'irait pas voter aux trois référendums d'initiative populaire sur la fin du nucléaire, la privatisation de l'eau et sa propre immunité pénale. Hier, devant une toile représentant Apollon entouré de neuf muses, le Premier ministre italien plaisantait avec son homologue israélien, sur ces soirées libertines «Bunga Bunga» d'époque. Au même moment, le tribunal de Milan tenait une audience du procès Mediaset (son empire audiovisuel) dans lequel il est accusé de fraude fiscale. Bersluconi était absent, excusé par un «empêchement légitime» politique selon les termes d'une loi votée sur mesure pour échapper à ses nombreux ennuis judiciaires.

Et jusqu'à hier après-midi, Il Cavaliere a voulu croire que les Italiens bouderaient ces référendums. Et que, comme d'habitude, il s'en sortirait. La mobilisation des Italiens a transformé les référendums en un plébiscite sans précédent contre Berlusconi. Mis massivement en minorité sur la reprise du nucléaire, la privatisation de l'eau et son immunité, Berlusconi voit sa survie politique en danger majeur.

Avec la perte de son fief milanais lors des dernières municipales, celui qui se vantait de ne «jamais perdre» vient de se voir administrer deux claques magistrales. Dans les prochains jours il va devoir affronter ses juges au procès en cours du scandaleux Rubygate. Et déjà très remontés après la déroute municipale, son propre parti et ses alliés de la Ligue du Nord doutent sérieusement de sa capacité à éviter des élections anticipées avant les législatives prévues en 2013.

Récemment, le très sérieux hebdomadaire britannique The Economist avait fait sa couverture sur Berlusconi: «L'homme qui a entubé son pays». Car au-delà de ses frasques Bunga Bunga et de ses magouilles financières, Berlusconi porte la responsabilité d'un désastre économique national. Pendant sa quasi-décennie au pouvoir, la croissance italienne a été une des plus faibles d'Europe, le chômage des jeunes et des femmes ont explosé tout comme la dette qui atteint 120%.

Par leur vote de défiance, les Italiens signifient à Berlusconi qu'il n'est plus l'homme de la situation pour les représenter dignement et mener une politique à la hauteur des enjeux de la crise. Comme à chaque fois qu'il a subi un revers, Berlusconi va tenter de reprendre l'initiative. Pour démontrer que la fin du berlusconisme n'est pas encore d'actualité. Il n'est pas sûr que la recette marche. Vieillissant, Il Cavaliere est plus discrédité que jamais.

Et le fait nouveau est que, pour la première fois, c'est le peuple italien qui lui indique fermement la direction de la sortie.

Publié dans Etranger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article