Alerte rouge sur les plans sociaux

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Le Medef et la CGT partagent pour une fois le même diagnostic, et ce n'est pas forcément rassurant. À la veille de la conférence sociale qui s'ouvre aujourd'hui avec François Hollande et le gouvernement, Laurence Parisot vient à son tour de tirer «la sonnette d'alarme» sur l'imminence d'une cascade de plans sociaux. Selon la patronne des patrons, les difficultés de trésorerie et des carnets de commandes réduits pendant l'été vont entraîner, dès septembre, des dépôts de bilan «significatifs», voire «massifs» touchant notamment les PME. 

À sa façon, le Medef se rallie ainsi à l'alarmisme de la CGT pour qui plus de 80 000 emplois seraient menacés à court terme alors que le chômage vient d'enregistrer en mai sa treizième hausse mensuelle consécutive. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, reconnaît devoir quotidiennement jouer les «urgentistes» face à une «avalanche» inédite de plans sociaux. 

Au train où vont les annonces, le gouvernement va rapidement se retrouver face une centaine de plans sociaux identifiés allant bien au-delà des gros dossiers que constituent déjà l'automobile, le transport aérien et la téléphonie. 

L'effet boule de neige redouté est déjà à l'oeuvre, qui menace des milliers de PME travaillant en sous-traitance et dont le nombre de défaillances était déjà reparti très fortement à la hausse ces derniers mois. Dans ce contexte d'alerte rouge sur le front de l'emploi, la question de savoir si l'ancienne majorité a fait en sorte de «retarder» l'annonce des plans sociaux est devenue anecdotique et sans objet. En campagne électorale, François Hollande avait affirmé qu'il ne «laisserait pas faire une cascade de plans sociaux». 

Le chef de l'État va mesurer concrètement dès aujourd'hui la difficulté de répondre aux urgences sociales alors qu'il souhaite déployer «dans la durée» les efforts de redressement du pays. Parfaitement en phase sur l'utilité de reprendre le fil d'un dialogue distendu pendant le précédent quinquennat, en accord sur le diagnostic de la crise, les partenaires sociaux sont aux antipodes sur le traitement à administrer pour limiter la casse économique. 

Entre le Medef militant pour supprimer les dispositifs nuisant à la compétitivité des entreprises et la CGT préconisant une sévérité accrue contre les licenciements abusifs, le gouvernement est par avance condamné à une voie médiane ne satisfaisant personne. Le ministre du Travail, Michel Sapin, veut espérer que ses interlocuteurs se montreront coopératifs et suffisamment patients pour inventer ensemble «le contrat social de l'après-crise». Il risque d'être déçu.

 


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