Affaire Strauss-Kahn : Jean-François Kahn répond à Nicolas Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

Pris à partie part Le Président pour la deuxième fois consécutive dans des appartés relayés par le Figaro, le cofondateur de Marianne a répondu en expliquant pourquoi la méthode de Sarkozy restait, selon lui, celle d'un «voyou de la République».



Pour la deuxième fois en quelques jours, le Président a jugé utile de revenir sur la fameuse bévue de Jean-François Kahn. Le Figaro, bulletin officieux de la Cours'en est bien entendu fait l'écho : « “Les domestiques qu'on trousse !”, “Il n'y a pas mort d'homme !” Ce n'est pas de la gaudriole, c'est dévastateur ! », a répété Sarkozy, en reprenant les formules de Kahn et de Lang. « C'est un passage terrible, où l'on croit que la justice est mise au service des puissants qui méprisent les petits », a-t-il ajouté pour faire bonne mesure. À vrai dire, c'est surtout l'ancien patron deMarianne qui scandalise en privé Nicolas Sarkozy. Il considère en revanche que la phrase (« Il n'y a pas mort d'homme ») de Jack Lang « choque moins » si on écoute la citation entière.

Bien entendu, officiellement , le Président n'a rien dit. Mais tout se passe comme s'il tenait absolument à frapper un homme à terre, qui a tiré les conséquences les plus dures pour lui-même d'un bout de phrase.  Nicolas Sarkozy manifeste ainsi une forme de fidélité à l'image de pittbull politique qu'il avait lors de la campagne de 2007 et qu'il cherchait jusqu'alors à faire oublier.

Bref, cela appelait une réponse du fondateur de Marianne. Qui n'a pas tardé :

COMMUNIQUÉ


Puisque Nicolas Sarkozy a incité les députés UMP, reçus à l’Elysée, à utiliser sans retenue une expression malencontreuse que j’ai employée, pour abattre, à travers moi, une fois pour toute espère-t-il, une contestation qui le défrise, qu’il me soit permis de faire cette simple remarque, sans me faire d’illusions sur ses chances d’être relayée.

Moi, je m’en suis éventuellement pris à une orientation politique, à une méthode de gouvernance, mais, qu’il s’agisse du président de la République lui-même ou de certains de ses affidés, y compris Brice Hortefeux, Claude Guéant ou Nadine Morano, je me suis toujours interdit, par principe, d’utiliser un mot, une petite phrase, isolés de leur contexte, pour me livrer à une vindicte. Or, je constate que, même sachant aujourd’hui que l’expression en question, artificiellement isolée, n’avait absolument pas la signification qu’on lui a prêtée, qu’elle va à l’encontre de tout ce que je pense, que je l’ai moi-même qualifiée d’inacceptable, que, écoeuré par le terrorisme réductionniste qui envahit de plus en plus la sphère médiatico-politique, j’ai décidé de me retirer de la vie journalistique, le Président, lui, n’hésite pas à instrumentaliser deux mots pour assouvir jusqu’au bout une vengeance.

Je laisse les observateurs juger des deux méthodes.

J’ai effectivement parlé de « voyou de la République ». J’avais tort ?

Jean-François Kahn

Publié dans Medias

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