A Strasbourg, la "main tendue" et les mises en garde de Manuel Valls aux musulmans

Publié le par DA Estérel 83

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Implanté à moins de 2 km de la cathédrale, au bord de la rivière Ill, le nouveau lieu de culte est déjà utilisé au quotidien depuis le dernier ramadan, en août.

 

Que retiendront les musulmans du discours à multiples entrées que leur a adressé le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, jeudi 27 septembre, lors de l'inauguration de la grande mosquée de Strasbourg?Les compliments, la main tendue, les mises en garde ou les silences?

Intervenant pour la première fois devant un large public musulman depuis les tensions liées à la diffusion d'une vidéo anti-islam et à la publication de caricatures de Mahomet, M. Valls a longuement salué "le discernement, la maturité, la responsabilité, la sérénité, l'attachement total aux valeurs de la République", dont afait preuve "l'islam de France face aux instrumentalisations de tous bords".


"Soyez fiers de l'islam que vous bâtissez", a-t-il lancé. Certains y auront entendu un écho atténué de l'encouragement adressé, dimanche, aux juifs de France, à qui il a assuré qu'ils pouvaient "être fiers de porter leur kippa", après que Marine Le Pen eut souhaité l'interdiction de la kippa et du voile islamique dans l'espace public.

S'il a condamné ces "paroles de rejet et de détestation" et rappelé que "la laïcité garantit la liberté religieuse à chacun", M. Valls n'a pas fait d'allusion au foulard islamique, sujet de crispation récurrent dans la société française. Mais il a rappelé que "l'islam a toute sa place en France car l'islam de France c'est aussi la France" et s'est félicité de "la prière pour la France", prononcée jeudi par le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui.


En présence de représentants de pays qui ont participé pour moitié au financement de la mosquée (Maroc et Arabie saoudite), M. Valls a plaidé pour un islam "français": "Il est temps que l'islam de France prenne ses responsabilités et s'organise pour traiter avec l'Etat les vrais problèmes. Mon horizon est clair: je veux des aumôniers français, des imams français, des financements français.La République tend la main. C'est à l'islam d'aller avec confiance vers la République."


PASSER LE RELAIS "AUX JEUNES"

Comme ses prédécesseurs, il s'est engagé à relancer "des initiatives pour trouver des modes de financement dans le cadre de la loi de 1905" .

De manière plus inédite, il a suggéré aux caciques de l'islam issus de l'immigration de passer le relais "aux jeunes musulmans français".

Au chapitre des mises en garde, il a fait siens les propos de François Hollande, lors de l'inauguration du département des arts de l'islam au Louvre : "Les meilleures armes pour lutter contre le fanatisme qui se réclame de l'islam se trouvent dans l'islam." "Si toute religion a sa part d'intégrisme, a ajouté M. Valls, c'est aujourd'hui dans l'islam que cette part suscite la crainte." 

Evoquant les meurtres commis "au nom de l'islam"par Mohamed Merah, il a exhorté les musulmans à lutter contre l'antisémitisme.

Il a aussi rappelé qu'il "n'hésiterai[t] pas à faire expulser ceux qui, étrangers dans notre pays, ne respectent pas nos lois et nos valeurs", indiquant, sans précision sur le sort des citoyens français, qu'il n'accepterait "pas les comportements des salafistes et autres groupes qui défient la République".

Enfin, en ces terres concordataires où les pouvoirs publics locaux ont financé 26 % des 10,5 millions qu'a coûté l'édifice, M. Valls a rappelé l'attachement "du président de la République à la spécificité du régime en vigueur en Alsace et en Moselle".

Une mise au point à l'adresse de la frange de la majorité hostile au concordat.

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